Il est beaucoup plus facile qu’on ne le pense d’apprivoiser des perruches. Lorsque j’étais enfant, j’en ai eu deux, enfermées dans une cage ; l’idée ne me serait pas venue de les en faire sortir et elles sont restées un peu sauvages, c’est-à-dire très agitées et extrêmement bruyantes. Plus tard, dans les années 70, j’ai eu un autre couple, libre dans une grande pièce. Il y avait deux perchoirs, distants de cinq ou six mètres ; de temps en temps, elles volaient de l’un à l’autre mais les perchoirs étaient placés trop haut et elles n’ont jamais été vraiment apprivoisées.
J’ai, depuis un mois, un couple de perruches ondulées. Elles sont déjà à peu près apprivoisées. C’est-à-dire qu’elles abandonnent volontiers leur perchoir pour venir sur ma main et y manger ou simplement se laisser transporter. La femelle vole paresseusement et assez mal, se retrouve assez souvent au sol et n’hésite pas à parcourir « à pied » les deux mètres qui la séparent de ma main qu’elle utilise comme un ascenseur.
Ces oiseaux ne regagnent jamais leur cage : il n’en ont pas.
La méthode que j’ai trouvée étant assez efficace, je la décris pour ceux que cela pourrait intéresser.
Les premiers jours de liberté sont un peu pénibles : les oiseaux se perchent n’importe où ; il faut prendre garde qu’ils ne s’assomment pas sur les vitres et surtout sur les miroirs, qu’il conviendra d’occulter, mais partiellement, en scotchant des feuilles de papier à lettre séparées par des intervalles d’une quinzaine de centimètres.
Très vite, des oiseaux perchés dans une position un peu précaire acceptent de monter sur le bâton qu’on leur tend et de s’y laisser transporter jusqu’à une position plus confortable.
Pour que ces oiseaux se familiarisent avec la main, on leur tend une lamelle de pomme ; la première pomme n’est pas consommée qu’ils sont déjà à moitié apprivoisés. Je conseille les pommes « Fuji ». Les graines en épi viendront plus tard : la taille de l’épi inquiète un oiseau qui n’en a pas encore l’expérience.
Je pense qu’on peut tout à fait se passer de cage. Il faut pour cela trois ou quatre perchoirs faciles à bricoler avec du contreplaqué de 5mn ou même de l’isorel, qu’on assemble avec de la colle vinylique. Le perchoir est constitué d’une boîte carrée de 17 cm et de six à huit centimètres de hauteur. Au milieu de côtés opposés, on colle deux tasseaux verticaux d’environ vingt centimètres de hauteur supportant un bâton d’au moins dix millimètres de diamètre, de préférence un peu strié, qu’on pourra teinter au brou de noix mais qu’on évitera de peindre. La boîte, elle, peut être peinte avec une peinture acrylique (c’est moins toxique) et remplie à moitié de terre de bruyère sèche. Etant donné les dimensions de la boîte, le problème des déjections se trouve complètement éliminé et, après un mois, la terre peut être récupérée pour des plantations.
Lorsqu’on déplace un perchoir où les oiseaux sont installés, même au début, ils ne s’envolent jamais. On transporte donc ses oiseaux d’une pièce à l’autre (par exemple lorsqu’on veut ouvrir les fenêtres) aussi facilement qu’on transporterait un pot de fleurs. Si vous installez deux perchoirs éloignés de deux ou trois mètres, de part et d’autre d’une fenêtre par exemple, les perruches s’en contenteront et n’iront jamais se poser sur les meubles.
Pour les apprivoiser, il faut quand même les solliciter très souvent en leur distribuant de petites quantités de nourriture, et rester aussi près qu’il est possible pendant qu’elles mangent. Il faut aussi déplacer assez souvent le perchoir d’un meuble à un autre, d’une pièce à une autre, ce qui leur permet de se familiariser avec l’espace d’une manière moins dangereuse que par l’expérience du vol. En fait, les oiseaux qu’on achète et qui ont passé le début de leur existence dans une cage minuscule savent à peine voler et vivent dans une espèce de stress permanent. Des perruches en liberté bougent très peu, ne crient pas et paraissent même un peu trop somnolentes. Pour les réveiller, il suffit de leur faire entendre la musique d’un J.-S. Bach ou un de ces disques où sont enregistrés des chants d’oiseaux ou les bruits de la nature.